Michel Vergé-Franceschi

Corse de naissance, indéfectiblement attaché à son île d’origine, Michel Vergé-Franceschi lui a rendu hommage dans plusieurs ouvrages. Il est l'auteur chez Payot de Ninon de Lenclos et de Colbert, et, en collaboration, d'Une histoire érotique de Versailles. Spécialiste de l’Ancien Régime, il est professeur d’histoire moderne à l’université de Tours.

Pozzo di Borgo

Cousin pauvre mais noble de Napoléon Bonaparte, étudiant logé à Ajaccio par "Madame Mère", Carlo Andrea Pozzo di Borgo (1764-1842) entretient avec lui une belle amitié d’enfance, avant de lui vouer une haine tenace, une "haine de Corse" comme la qualifie Talleyrand, qui tourne à l’obsession. Disciple de Paoli, resté fidèle à une Corse anglaise, le brillant avocat est contraint de s’exiler à la Révolution. Il sillonne alors l’Europe entière à la recherche d’alliés avec pour seule idée en tête : faire obstacle à l' "usurpateur". À Saint-Pétersbourg, ce diplomate hors pair et mondain accompli trouve l’oreille attentive du tsar Alexandre Ier qu'il convainc en 1814 d’entrer dans Paris, provoquant l'abdication de Napoléon. Présent au Congrès de Vienne, il y joue un rôle actif, observe une dernière fois à Waterloo son ennemi juré depuis sa lorgnette, part chercher Louis XVIII à Londres et, en bon catholique et légaliste convaincu, rétablit les Bourbons. Il meurt à Paris en son magnifique hôtel de la rue de l’Université après avoir été, pendant presque trois décennies, ambassadeur de Russie à Paris, puis à Londres auprès de la reine Victoria (1835-1839).

Sur la base d’archives inédites en Corse, à Londres et à Saint-Pétersbourg, Michel Vergé-Franceschi est parti sur la trace de ce personnage infiniment romanesque, dont Karl Marx dit qu’il fut « le plus grand diplomate russe de tous les temps ».

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